Test Hearts of Iron III

Article que j’ai réalisé pour Univers-Games.com, voir le test dans son contexte : Hearts of Iron III

Paradox Interactive pose les bases d’un genre sous-exploité et méconnu : le wargame en temps réel. La série Hearts of Iron n’est pas à son premier coup d’essai. L’éditeur suédois signe ainsi son troisième jeu après deux bons volets en 2002 et 2006. Hearts of Iron revient donc sous le feu des projecteurs et vous invite une nouvelle fois à jouer le rôle d’un chef d’État pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Aroud the world

Hearts of Iron III vous offre la possibilité de prendre les commandes de plus de cent nations différentes. Sont disponibles des acteurs majeurs tels que la France, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, le Japon ou encore l’Allemagne mais également une multitude de « petits » pays. Vivez la deuxième guerre mondiale à la tête de la Suisse, de la Yougoslavie, du Chili, du Tibet ou encore de l’Afghanistan. Libre à vous de rejoindre l’une des trois alliances fortes de cette période à savoir les Alliés (Royaume-Uni), l’Axe (Allemagne) ou le Kominterm (URSS). La guerre sera véritablement mondiale et chaque nation aura un rôle à jouer !

Dans un premier temps, le néophyte comme le joueur expérimenté devra passer par la case tutorial. En effet, plusieurs tutos vous présentent les différents aspects du jeu qu’il faudra gérer. Un petit personnage moustachu, au discours très orienté, vous dévoilera les secrets de la réussite. Si l’humour est au rendez-vous, votre enseignement n’est pas sans faille et de nombreuses zones d’ombres persistent. Le recours à la lecture du manuel est vivement conseillé.

La série est connue pour avoir besoin d’énormes ressources matérielles pour fonctionner correctement. Ce troisième volet ne fera pas défaut à la tradition puisqu’un processeur de 2,4 Ghz est exigé mais ne nous y trompons pas, le jeu ne sera fluide qu’avec un processeur multicoeur. Les gros crashs récurrents sur la version originale ont été corrigés grâce aux premiers patchs. Néanmoins, pour éviter toute mauvaise surprise, il est judicieux d’activer l’autosave, paramétrable dans le menu options.

L’interface de gestion

Une fois ces mises au point effectuées, place au jeu. Hearts of Iron III propose de débuter la partie dès 1936 avec la nation de votre choix. Le jeu propose également des scénarios à des dates clefs de la Seconde Guerre Mondiale. Par exemple, on peut prendre en main l’Allemagne en 1944 ou encore le Japon en 1941.

Le jeu se divise en onglets. Vous allez gérer votre pays de plusieurs façons et à l’aide de différents menus. On trouve ainsi l’onglet « Gouvernement » qui vous permet de superviser la politique gouvernementale, c’est à dire nommer les ministres et participer au processus législatif de votre État. D’autres rubriques sont disponibles comme la « Diplomatie » qui vous permet de conclure des alliances ou d’effectuer des importations / exportations avec vos voisins. Est également accessible l’icône « Production » qui vous fournit des renseignements sur l’état économique de votre pays. Un bouton dédié aux « Technologies » vous permet de définir les recherches à effectuer et les budgets à allouer à ces dernières. Pour finir, l’onglet « Espionnage » est essentiel pour obtenir des informations sur l’ennemi et pour mener des opérations de contre-espionnage dans votre pays.

La carte est constituée de nombreuses provinces qui découpent les pays avec une étonnante précision. Celles-ci sont complétées par une info-bulle qui vous fournit de précieux renseignements sur les ressources de la région, le type de terrain, etc…

Grâce à l’onglet « Production », vous gérerez vos brigades. Ces brigades se divisent en unités. Vous choisirez via l’interface l’attribution de chaque commandement, appelé « Théâtre », et la disposition de vos brigades sur votre territoire. C’est également ici que vous mettrez en production une colonne de chars ou le dernier sous-marin amélioré par vos scientifiques.

Tout à droite se tient le dernier onglet de la barre supérieure : « Statistiques ». Ce menu vous renseigne sur vos performances globales à la tête de votre pays. Les rapports fournis sont assez exhaustifs et vous seront donc d’une grande aide pour affiner vos différents choix.

La der des der 

Hearts of Iron III, c’est aussi des phases de combats. La fréquence de ces derniers et leur importance varient en fonction de la nation utilisée. L’IA (Intelligence Artificielle) pourra vous soulager sur certains fronts si vous lui donnez le commandement d’une zone à défendre. Cela permet de se consacrer seulement aux batailles majeures lorsqu’on s’occupe d’un grand pays.

Votre capacité à déplacer les brigades sera cruciale dans votre stratégie d’attaque ou de défense. Vous devrez ainsi vérifier que chacune de vos sections possède les unités adaptées à l’environnement et à la situation. Cette alchimie sera déterminante en fonction de votre style de jeu, guerre éclaire ou politique défensive. Veillez à organiser avec précision le ravitaillement de vos troupes sinon elles se retrouveront abandonnées et largement vulnérables. De plus, leur capacité de déplacement en serait amoindrie.

Un mode multijoueur de qualité était évidemment très attendu par la communauté. Cependant il demeure instable. Les joueurs attendent désormais le patch 1.3 censé corriger les nombreux plantages même si le système de sauvegarde automatique actuel permet déjà de compenser certains bugs techniques.

Au niveau de la durée de vie du jeu elle est incalculable vu la longueur des parties et le nombre de nations disponibles. Ajouter à cela les nombreux événements aléatoires et chaque partie devient unique. C’est pourquoi la vraie question à se poser est plus : A quand les journées de 58 heures ?

In game, la gestion du temps est modulable, tantôt rapide dans la phase de production et de paix tantôt ralentie en période de conflit. En effet, il est conseillé de vivre la guerre heure par heure afin d’analyser au mieux la stratégie de votre ennemi.

Hearts of Iron est un jeu élitiste. Le néophyte devra batailler pour parvenir à utiliser les différents menus et à gérer les nombreuses informations en cours de partie. Pour progresser, il faudra pratiquer à outrance et sans retenu. La base de données est extrêmement précise. Le nombre de technologies et la gestion des unités associées aux brigades est proche du réalisme. En un mot, Hearts of Iron III est une expérience unique qui ne laissera aucun wargamer indifférent. La finition très critiquable à sortie du jeu a été revue depuis grâce à l’arrivée du patch 1.2. Vivement le prochain patch pour prendre la mesure de ce simulateur en réseau !

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